samedi 31 juillet 2010

Dossier : Le Loup-Garou I



Dossier :


Le Loup-garou, origine et représentation d'un fantasme social

Illustration de Jean-Mathias Xavier d'après le roman Louis le galoup de Jean-Luc Marcatel, aux éditions Nouvel angle


I. La symbolique du loup


Figure emblématique de la violence et du Mal, le loup-garou est présent dans la quasi-totalité des civilisations et ce depuis l'Antiquité. Dérivé de la peur du loup, il s'entoure selon les époques de magie, de malédiction voir du Diable. Au Moyen-Age toutes les malformations possibles ou encore un comportement anormal, immoral étaient des prétextes bien suffisant pour être accusé de sorcellerie, et parfois d’être un loup-garou. Citons par exemple les fils de prêtres ou de nones qui étaient la plupart du temps suspecté d’en être, étant né dans l’interdit. Si des savants cherchent à trouver des explications rationnelles, les peuples germaniques pensent que l’âme peut sortir du corps et prendre la forme d’un animal. Il faut d’ailleurs préciser que la transformation d’un homme en animal ne se limite pas seulement au loup mais peut aussi s’adapter à d’autres animaux, comme l’ours avec les berserkers scandinaves et les hommes tigres en Inde. Ces histoires d’hommes animaux s’adapteraient donc selon la faune locale. La présence du garou est donc présente sur tous les continents et forme un mythe très populaire encore aujourd’hui, qui revient d'ailleurs au goût du jour.

a. L'animal à travers la conscience populaire
Dès que le mot loup était prononcé au Moyen-Age, la terreur se lisait sur les visages. Véritable bête du diable, associé au danger et au royaume des morts, le loup connaît une réputation essentiellement mauvaise depuis l'Antiquité. Considéré comme le type de la bête sauvage dévorante, ainsi que de la faim insatiable, on dit d'ailleurs "avoir une faim de loup", ses dents sont des instruments de violence et sa gueule représente l'obscurité menaçante. Dans la mythologie scandinave, un fils de Fenrir mangera le soleil au moment du Ragnarök, faisant place à l'obscurité totale. Fenrir est un loup infernal représentant les énergies malfaisantes et qui est censé dévorer le dieu principal, Odin. De même, le loup est l'animal de Mars, dieu de la guerre romaine, tout comme en Egypte où le dieu de la guerre puis dieu des morts Ophoïs possède une tête de loup.
Cet animal évoque les instincts sauvages, le caractère indompté. Mais aussi l'énergie débridée qui fait perdre à l'homme sa maîtrise. En Italie par exemple, la lupa est une prostituée.

S'il est vu comme féroce et meurtrier, l'image du loup est aussi associée au courage et à l'endurance. Autrefois, une dent de loup était suspendue au cou des chevaux afin qu'ils soient infatigables. Le coté féminin du loup, la louve est au contraire perçut comme bon, protecteur et nourricier. C'est une louve qui éleva Remus et Romulus, les fondateurs de Rome, mais aussi Mowgli, l'enfant sauvage du livre de Rudyard Kipling. Le loup tient d'ailleurs une place des plus intéressante et parfois très importante dans les contes.

b. Le grand méchant loup, la terreur des contes
Personnage très présent dans les contes, le loup est la représentation de la lutte de l'homme contre ses instincts primaires, ses envies, c'est la tentation incarnée. L'animal confronte la personne à elle-même, face à ses pulsions que l'on peut qualifier de dévorantes, c'est à dire les désirs sexuels ainsi que la colère, la jalousie, ou encore la cruauté.
Dans le conte du Petit Chaperon rouge de Charles Perrault, la petite fille, après avoir parlé au loup n'arrive pas à se retenir de cueillir des fraises, de regarder les animaux de la forêt tandis que le loup lui, mange la grand-mère. Au lieu de marcher directement au village, le Petit Chaperon rouge cède à la tentation et à l'oisiveté offerte par la forêt. C'est un bel exemple de l'association du loup à la séduction dangereuse. Il est d'ailleurs dit dans le conte que le loup prend à chaque fois une voix mielleuse et agréable afin de séduire en quelque sorte la fillette.

Mais quant est-il du loup-garou ?

Dossier : Le Loup-Garou II


II. Qu'est ce qu'un loup-garou ?

a. Son apparition et développement
Comme il l'a été dit dans l'introduction, il apparaît dès l'Antiquité avec des mythes comme celui du roi Lycaon. Sanguinaire, ce roi reçoit Zeus dissimuler sous la forme d'un humain et qui, après avoir été reçu dans la maison du roi, se déclare être le roi de dieux. Voulant éprouver cette affirmation Lycaon sert à manger au dieu de la chair humaine. Outré, Zeus transforme le banni de l'humanité en le transformant en loup, animal tout aussi sanguinaire qui décime les troupeaux. Mais cette malédiction ne s'arrête pas là. Lycaon est aussi condamné à garder le souvenir de sa condition humaine. Dès les temps anciens le symbole de la métamorphose apparaît comme une représentation de l'exil par rapport aux hommes tout en gardant un lien avec ces derniers. La personne qui se transforme est mise en marge de la société. Loin de se concentrer sur les bords de la Méditerranée, le mythe du loup-garou trouve aussi sa place en Islande où un texte du XIIIeme siècle relate l'histoire d'un ours-garou. De même au Vème siècle en Chine un fonctionnaire se transforme en tigre. Au Moyen-Age la peur ne fait que de s'accroître dut à la croyance maladive à la sorcellerie et au diable. Le loup-garou est alors quelqu'un qui subi une malédiction ou qui doit expier ses pêchés. Il est d'ailleurs souvent dit que les malédictions dure sept ans (le chiffre 7 possède une grande valeur symbolique dans la plupart des civilisations et religions, il représente souvent la perfection) ou que les garous doivent "chaque nuit parcourir sept paroisses et faire le tour de sept clochers".

Nous pouvons donc constater que la croyance à ces transformations en loup ou autre prédateur qui inspire la peur remonte très loin, et si de nos jours le loup-garou n'est qu'une chimère, il a été pris au sérieux au moins jusqu'en 1574 où un arrêt de la cour condamne un homme d'avoir dévoré des enfants sous forme de loup-garou. Malgré la distance géographique qu'il peut y avoir, les attributs du lycanthrope restent passablement les mêmes.



Luis Royo

b. Attributs du loup-garou
Sous sa forme humaine, le loup-garou passerait pour avoir des sourcils qui se rejoignent, des paumes de mains poilues avec des pouces courts, ainsi que les oreilles plus en arrière que la normale. Tous les prétextes d'anormalité étaient bons à prendre. De même certaines naissances sont plus à même de donner un loup-garou. Le septième enfant d'une fratrie par exemple serait destiné à en être un (retour du chiffre sept), les enfants nés de mariages interdits, de prêtres par exemple se transformeraient tous les sept ans ou encore ceux nés "coiffés" avec le placenta sur la tête. Quand il ne court pas les forêts, le loup-garou aurait sa fourrure cachée entre la peau et la chair, il suffirait simplement de retourner sa peau afin de devenir loup.

La transformation en elle-même relève de croyances multiples. Parfois il faudrait se rouler dans le sable ou la vase, ou encore sauter par-dessus un tronc d'arbre plusieurs fois en entonnant une incantation. Plusieurs textes font aussi mention d'un gant ou d'une ceinture en peau de loup avec lequel on se frapperait afin de se métamorphoser. Une légende plus répandue est celle de revêtir une peau de loup. Pendant que la personne est sous sa forme animale, plusieurs croyances avance que si le garou ne retrouve pas ses vêtements lors de son retour pour reprendre forme humaine, il est condamné à rester loup.

Tué un loup-garou n'est pas chose facile, la balle en argent béni est le moyen le plus répandu et qui semble le plus sur. Au XIXem siècle en Picardie et en Gascogne par exemple, il suffirait de faire saigner le loup-garou pour que la personne soit libérée de sa malédiction.

La légende de la transformation à la pleine lune ne se retrouve que très rarement dans les textes anciens, souvent les garous se transforment à leurs guises ou tous les sept, les jours de Sabbat suivant les malédictions reçues.

c. Son image dans la pensée collective
Comme pour les descriptions physiques, l'image du loup-garou dans la pensée collective va dans le même sens.
Le loup-garou possède une réputation très semblable à celle du loup, avec en plus une dimension plus humaine. Associé à la violence, la brutalité, le garou abat les barrières de la morale humaine et cède devant tous les instincts primaires que l'homme a refoulés. Si au Moyen-Age le loup-garou est vu comme une créature du diable, son image a particulièrement évoluée avec le temps. Alors que l'on croyait à l'existence réelle de ces êtres la peur était complète, depuis que le loup-garou est passé au rang de créature légendaire, sa perception par les hommes est différente. D'un point de vue psychologique avec les termes de Freud, le loup-garou serait la représentation de la domination du ça sur le moi, alors que chez l'homme dit normal c'est le moi qui domine le ça. Il y a donc une domination du domaine instinctif (le ça), chez le loup-garou comme nous l'avions déjà vu, les censures sociales et morales sont outrepassées. Le phénomène de transformation peut aussi être perçu comme un dédoublement de soi.

Dans la société actuelle, la vision du loup-garou est beaucoup plus fantasmatique et moins teinté de crainte qu'auparavant. Si l'idée de prédateur carnassier est toujours présente, ainsi que celle de la violence, l'idée de virilité et du fantasme les surpasse. Le loup-garou est d'ailleurs principalement masculin et ce depuis son apparition. Il y a certes des femmes-garou mais elles sont beaucoup moins présentes, d'ailleurs, le garou possède son pendant féminin qui est le cauchemar.

Dans les romans actuels tel que la série Anita Blake de Laurell K. Hamilton, les loups-garous sont auréolés par la force brute, les lois de la "meute" ne s'accorde pas aux lois humaines. Dans ce type de roman, le loup-garou est souvent associé au désir sexuel ainsi qu'au jeu de la domination. Le lecteur retrouve tout ce que l'homme censure habituellement. Le garou serait donc une sorte de moyen d'extérioriser les frustrations liées aux interdits imposés par la société.

Cette théorie ne tient pas seulement pour notre société moderne mais dès l'apparition du loup-garou. L'enjeu psychologique est très présent à notre époque, mais alors que la croyance au loup-garou était réelle, des études on était menées pour expliquer cette métamorphose.

Dossier : Le Loup-Garou III

III. Autres approches du loup-garou

Maintes explications on étaie avancé pour tenté d'élucider le mystère du loup-garou. La sorcellerie et l'intervention du Diable furent les plus répandu au Moyen-Age dut à la grande croyance dans la religion et donc parallèlement aux forces du Mal. Des érudits se sont aussi penchés sur la question et au début du XIIIème siècle, Gervais de Tilbury propose que le fait soit dut à un choc psychologique et à la lunaison. L'atavisme, ou héritage, serait aussi une explication très répandue.

a. Explication rationnelle et scientifique
Avec les progrès en médecine, une maladie a pu définir ces personnes qui se transforment en loup ou en tout cas en quelque chose de ressemblant. Reconnue en 1682 par un édit de Louis XIV, la lycanthropie, une personne atteinte serait la victime de délires qui le font croire qu'il est transformé en loup ou autre animal féroce. La personne se comporte donc comme une bête sauvage, attaquant humains et animaux pour s'en repaître. Des cas d'enfants sauvages ont aussi été répertoriés. Au début du XVIIème siècle, Jean Grenier un garçon de treize ans est accusé d'être un loup-garou. Atteint d'une déficience mentale, il vit dans la forêt comme un loup et aurait un faciès se rapprochant des canidés. Il attaqua des dizaines de personnes, et affirma avoir mangé plusieurs enfants. Jugé, il est envoyé dans un monastère dut à son jeune âge. Là-bas il se comporte toujours de façon instinctive et malgré quelques amélioration gardera toujours des traces de son état de loup-garou.

b. La figure du loup-garou dans les arts
Etre de mystère, le loup-garou suscite beaucoup de question et les arts s'en empareront rapidement.
Une figure si populaire ne pouvait pas passer à coter du cinéma ou de la littérature. Le premier film à être réalisé sur le loup-garou est The werewolf de Henry McRae en 1913. Il en suit une longue série dont les plus connu sont entre autres Hurlements de Joe Dante (1980) et Le loup-garou de Londres de John Landis (1981) ou encore La compagnie des loups de Neil Jordan (1984). En février 2010 sortira Wolfman, un film de Joe Johnston, ce qui montre que l'engouement pour les garous est toujours présent.
A l'écran, le moment le plus attendu est celui de la transformation, étape qui fascine et dégoûte à la fois. Pour Le loup-garou de Londres, c'est la scène principale, nous voyons tous et cela prend d'ailleurs du temps, alors que dans Hurlements, les gros plans sont de mises et ne dévoilent pas tout. Ce mystère de la métamorphose obsède et s'adapte selon les goûts de chacun. Il en va de même dans la littérature contemporaine où un sous-genre est né, la bit-lit qui met en scène des créatures surnaturelles, principalement vampire et loup-garou. Dans ces romans qui prennent rapidement leurs envols, le loup-garou est comme nous l'avons vu la cible de fantasme, de la lutte pour le pouvoir par la brutalité. Dans les romans de Laurell K Hamilton, ou de Patricia Briggs, les loups-garous sont principalement des hommes qui respirent la virilité et attise l'attirance physique. Si dans les films les garous éveil la curiosité par la transformation et fascine par la perte quasi totale de l'humanité, pour la littérature contemporaine cet être possède une dimension beaucoup plus humaine et symbolise plus la lutte de l'homme sur la bête. Par exemple dans les livres de Patricia Briggs, l'un des personnages principaux, Adam Hauptman, le loup-garou alpha a pour mission d'aider les jeunes recrues garous afin qu'elles ne fassent pas de carnages. Dans ces romans, les loups-garous sont intégrés dans la vie sociale et en sont parfois la proie. Ils deviennent des personnages plus proches de nous au lieu de rester des monstres lointains.


Le Loup-garou de Londres

Bibliographie

Armstrong Kelley, Morsure, Paris, Bragelonne, 2007, ISBN 978-2-35294-084-5
Brasey Edouard, L'encyclopédie du Merveilleux, Des peuples de l'ombre, ..., Le Pré aux Clercs, 2006. p.92 , ISBN 2-84228-281-7
Briggs Patricia, L'appel de la lune, Mercy Thompson, Paris, Bragelonne, 2008, coll. Milady, ISBN 978-2-8112-0041-1
Chevalier Jean, Dictionnaires des symboles, Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres, Paris, Bouquins, 1982, ISBN 978-2-221-08716-9
Hamilton Laurell K., Lune Bleue, Paris, Fleuve Noir, 2005, ISBN 2-265-07944-8
Khimaira, Numéro 16. Paris, 2008, ISSN 1374-2167
Lecouteux Claude, Elle courait le garou, Lycanthropes, hommes-ours, hommes-tigres, Une anthologie, Paris, José Corti, 2008, ISBN 978-2-7143-0972-3
Morel Corinne, Dictionnaire des symboles, mythes et croyance, l'Archipel, 2004
Moriamé Benjamin, Le poids des contes et légendes, psychanalyse des contes de fées [en ligne], , [consulté le 29 décembre 2009]
Myring
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Ovide, Les Métamorphoses, Folio classique, 2009, ISBN 978-2-07-038564-5
Perrault Charles, Le Petit Chaperon rouge, Paris, impr. de Bouquet, 1909 [en ligne] , Gallica, [consulté le 29 décembre 2009]
Rey Alain (sous sa direction), Dictionnaire culturel en langue française. Paris, Le Robert, 2005
Rigaud Benoist, Arrest memorable de la Cour de parlement de Doel, donné à l'encontre de Gilles Garnier, lyonnois, pour avoir en forme de loup garou devoré plusieurs enfans, Sens, éditeur : P. Des-Hayes, 1574
Tibaud Robert-Jacques, Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Celte, Paris, Dervy, 1995 

Filmographie

Dante Joe , Hurlements, 1980
Landis John, Le loup-garou de Londres, 1981
Neil Jordan, La compagnie des loups, 1984

dimanche 18 juillet 2010

mercredi 14 juillet 2010

BD - Barbeük et Biaphynn

Vous aimez les histoires romantiques de princesses enfermées en haut d'un donjon et gardé par un dragon maléfique crachant des flammes digne de l'Enfer ?
Bon bah la sortie c'est à droite.

Avec la princesse Biaphynn et son dragon protecteur Barbeük (les noms annoncent déjà la couleurs ils faut l'avouer) on a plutôt droit à un carnaval de chevaliers tout plus abrutis les uns que les autres pour notre plus grand plaisir et celui des deux personnages.
Au fil de bd d'une page on découvre le quotidien pas si ennuyeux de la princesse et de son dragon explosif en puissance (l'urine de dragon fait de bon cocktails molotov!), et les princes charmants n'ont qu'à bien se tenir !

la couv du tome 2 :



Vous pouvez biensur retrouver des planches dans le Lanfeust Mag! Moi ej fais dla pub pour mon mag préféré ? même pas! Et puis pas besoin de préciser que c'est aux éditions Soleil éhé.

Et voici le blog officiel : http://barbeuketbiaphynn.blogspot.com/